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Spoilers : nous allons tous mourir un jour

  • Photo du rédacteur: lahobbitmasquee
    lahobbitmasquee
  • 20 févr. 2019
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr. 2019

Un avis sur l'euthanasie légale.

Photographie par Laurence de Maison

(Article publié pour la première fois en Février 2016)


Alors voilà, j’étais dans le train après une semaine de bénévolat et au moins trois jours sans douche. Evidemment j’avais choisi l’option « dormir comme une loque sur mon siège ». Mais voilà que ma voisine sort un magazine de photo. Ni une ni deux, je pose une question. Puis une autre. De fil en aiguilles j’apprends qu’elle est infirmière et 10 minutes plus tard, nous voilà à parler euthanasie sous le regard vaguement réprobateur du reste du wagon. Enfin voyons ! On ne parle pas de ces choses-là en public ! Et pourtant, quoi de plus public et commun comme affaire que la mort ? C’est tout de même la seule expérience, avec la naissance, que nous partageons avec tout être humain. Voir tout être vivant. Et une expérience des plus sérieuses tant elle touche tous les domaines : privés, publiques, sociaux, politiques, religieux… Ah, à voir les derniers, pas surprenant que le sujet soit sensible. Et puis on en sait si peu, si ce n’est que visiblement ça peut être plus ou moins agréable à traverser.

Agréable oui. Ou plus ou moins douloureux plutôt. Avec ma maman qui travaille dans les hôpitaux, j’en ai entendu des histoires de vieilles personnes qui meurent. Le respirateur, le bip, le blanc des murs, l’odeur de la pièce… Quand j’y pense, je me dis qu’il est absolument hors de question que je meure dans une chambre d’hôpital. Plutôt crever… Ahum. Mais avant toute chose : pourquoi on meurt à l’hôpital docteur ?

Visiblement, parce que l’homme n’accepte pas très bien la mort. Il faudrait vivre « jusqu’à la dernière seconde ». Celle où toutes les machines du monde ne suffiront plus à nous activer la cervelle et le cœur. On invoque différents motifs : la vie, l’amour, l’humanité… Blah blah blah. Je vais vous dire : garder quelqu’un de clairement condamné en vie, c’est ça que je trouve inhumain. D’ailleurs, toute ma famille et mes amis sont au courant : en cas d’accident, prière de me débrancher si je deviens un légume. Surtout, surtout s’ils m’aiment.

Bien sûr, il en va des croyances de chacun. Peut-être pensez-vous que l’état de concombre permet quand même de garder une part de conscience, de sentir la présence de ceux qui nous entourent… Et je n’irai pas contre. Non, ce qui me fâche vraiment, ça reste ce refus d’aider les gens à mourir paisiblement. La vie, il faut s’y accrocher. Mais quand on est au bout, je crois qu’il faut aussi savoir lâcher prise. J’ai souvent entendu parler de l’euthanasie comme d’un acte barbare. Ah bon ? Qui n’a jamais euthanasié son chien ou son chat pour qu’il ne souffre pas ? Pourquoi en tant qu’humains devrions nous souffrir jusqu’à la fin ? Honnêtement, je préfère un million de fois une piqûre dans le bras à une mort lente et pleine d’agonie.

Alors bien sûr, il faut pouvoir donner son accord. Bien sûr il faut préserver des abus. Bien sûr il faut encadrer la chose, consulter, prévenir, informer. Savoir à partir de quand on peut mettre en place la procédure, comment aborder le sujet avec la famille, le patient… Mais bon dieu que je suis pour ! Que j’en ai assez d’entendre parler de médecins aidant en cachette leur patients à mourir parce qu’ils n’en ont légalement pas le droit. Qu’elle est donc cette vieille morale aux vapeurs religieuses qui nous dit qu’aider son prochain à mourir dignement c’est mal ?

Alors oui, je les vois venir vos arguments : « mais ça pourrait créer des usines à morts ! », « olala mais après ça ouvre la porte à toutes les dérives ! Dans ce cas on rétablit aussi la peine de mort ? ».  Bah non, surprise, je suis contre la peine de mort. Mais dans la peine de mort, il s’agit de s’abaisser au niveau de violence du condamné. L’euthanasie, elle, me semble au contraire permettre de s’élever vers plus d’humanité. Et ne nous voilons pas la face, les usines à mort existent déjà. On appelle ça « service de gériatrie ». Peut-être, justement, pouvons-nous leur redonner des couleurs en ne laissant pas y dépérir ceux qui s’y retrouvent.

En tout cas pour moi c’est dit : mourir (après 5 mois à vivoter comme une lanterne sous le vent) est la seule chose que je ne ferai pas. Sur ce, Epicure et moi-même vous souhaitons une agréable vie. La Hobbit Masquée

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