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S'essayer à la peinture

  • Photo du rédacteur: lahobbitmasquee
    lahobbitmasquee
  • 10 juin 2019
  • 4 min de lecture

Ou comment découvrir que le barbouillage ça s'apprend.


Donc voilà l'histoire : j'en avais marre de Paris, marre des dossiers de masters, marre des immeubles et de la pollution. C'était l'overdose d'urbain. Alors j'ai pris mes clics et mes clacs et je suis allé me réfugier chez mes grands-parents, dans le sud de la France. Cure de soleil, de bleu, de douceur et de respiration. Le mercredi, ma grand-mère m'a proposé de l'accompagner à son cours de dessin/peinture. J'ai dit oui tout en me rappelant que je savais vaguement dessiner et pas la moindre idée de comment on se dépatouille avec de la peinture qu'elle soit à l'acrylique, l'huile ou à je ne sais quoi. M'enfin, il faut bien commencer un jour non ?

Et c'est parti. Elle me sort tout un tas de magazines et me dit "choisie toi un modèle". J'ai feuilleté, pas trop trop sûre de moi et puis je suis tombée sur cette jolie peinture à l'acrylique d'Isabelle Munné. Et.. Bon. Quitte à pas savoir ce que je faisais, je me suis dit que je pouvais bien me pencher sur un truc infaisable. On sort la mallette d'acrylique, du papier, des pinceaux. Oui oui il y a tout ça et plus chez ma grand-mère qui dispose de son propre atelier, rien que ça ! La maison est tapissés de ses toiles et de ses poteries et chaque fois que j'y vais, il y a toujours de nouvelles oeuvres pour m'accueillir (et me faire me sentir toute petite). Enfin bref, on y va. Cours de deux heures. On est 5 ou 6 et tout le monde fait quelque chose de différent, à un niveau différent. C'est très intéressant toutes ces personnes qui ne se ressemblent pas mais qui osent essayer. Moi j'ai ouvert mon magasine, consciente que la première étape c'est encore celle que je maîtrise le mieux : dessiner ce que je vais peindre. Je trace des yeux, une bouche... La prof passe et me fait tout effacer. C'est que moi et les proportions on est pas très copines. Mais bon allez, c'est reparti pour un tour. Deux heures passent en un éclair, je n'ais même pas terminé mon dessin. Mais ce n'est pas trop mal. Surtout que je me suis bien gardée de tracer les ombres. J'ai horreur des ombres. Moi et elles on se captent pas et je ne sais jamais comment les faire apparaître sans défigurer ce que j'ai tracé. Bref, maligne, ou plutôt pas franchement téméraire, j'ai réservé le tout pour plus tard.

Le lendemain, pas de cours. Mais ça m'a rendue curieuse cette histoire alors je m'installe dans l'atelier. Quelques coups de crayons me permettent de terminer mon dessin et... Après c'est là que ça devient drôle. J'y connais rien moi et je me retrouve avec des pinceaux, de l'acrylique, un verre d'eau et débrouilles toi ! Heureusement le magasine dresse des étapes de réalisation. Enfin des étapes... On m'explique que je dois prendre la brosse n°14 et appliquer du bleu céruléen. Moi j'ai ni brosse n°14 ni bleu céruléen. Et aucune idée de comment je suis censé obtenir l'effet que je vois sur l'image. Il y a pleins d'expressions que je ne comprends absolument pas, comme "appliquer sur sec". On parle souvent de diluer aussi, sans que je parvienne à savoir si il est question de diluer avec de l'eau ou avec du blanc pour éclaircir. Bref ça me grille un peu le cerveau et je décide de seulement me fier à ce que je vois, ça me semble plus simple. Au début j'applique au pif, je fais des essais. Le pinceau mouillé, le pinceau sec. Tel pinceau, tel autre. Cette couleur, cette autre là... Et incroyable mais vrai, c'est que ça fonctionne cette histoire ! Petit à petit je me rend mieux compte des différents effets que je peux obtenir et comment. Je parviens à faire des fondus, créer des ombres, obtenir un truc qui se tient... Et à la fin, j'abandonne le magasine pour faire à ma sauce de moi.

J'ai passé quasiment trois jours dans cet atelier, complètement absorbée. Découverte complète de la peinture. Ce que j'ai obtenu ? Rien qui n'égale l'oeuvre originale. Mais une immense surprise pour moi et... De la fierté ? Oui, de la fierté. Je ne me serais jamais crue capable de peindre. Et pourtant c'est ce que j'ai fait. Plus que ça, j'ai compris que, comme tout art, le barbouillage ça s'apprend. Je sais que je ne sais encore quasiment rien. Mais je sais que j'ai découvert des choses : comment un pinceau réagit, comment les couleurs se mélangent, comment on obtient des choses différentes en appliquant de la peinture avec un pinceau sec et un pinceau humide... Et, autre surprise : je vois le monde qui m'entoure différemment. Plus de teintes, plus de couleurs que je ne percevais pas avant. J'ai l'oeil qui c'est entraîné. Il me souffle qu'il y a du rose dans le brun des troncs d'oliviers et du bleu dans l'ombre d'un visage. Apprentissage surprenant des nuances que j'ai l'habitude de voir apparaître magiquement sur mon appareil photo et non de créer au pas à pas. Conclusion ? Je ne suis pas devenue peintre de talent. Mais j'ai découvert qu'on peut tous dessiner, peindre... Comme on peut tous écrire ou photographier. Créer, c'est pour tout le monde. Et j'ai envie de vous le dire parce que, même-moi, je réapprend cette information régulièrement. Et du coup, maintenant que vous savez, vous vous y mettez-quand ?

La Hobbit masquée








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