Pensées en vrac de mauvais jours #4
- lahobbitmasquee

- 6 mai 2019
- 6 min de lecture
Les choses qui giclent de soi, en rage ou en extase.

Envolée.
Tu serres le livre, tu bégayes, tu bave en spasmes vitaux. T’as les mains crispées sur la couverture, tu tors les pages. De l’air, de l’air. T’es dans ta nudité première, en flammes de veines. Dans la bulle, tu pleures et ça lave le masque. Des mèches rougies qui te coulent sur les épaules. T’as mal mais en bien, t’es brûlée de ton internité. Ah…. Ah… Bordel. C’est là, agrippé à tes entrailles. Non. C’est tes entrailles. Tout roule, balance. Tes tympans martèlent. Idéaliste. Idéaliste. « Tu rêves, tu rêves. Tu vaine ». Tu ris, le livre t’a glissé des mains. T’es dressée et sur le carrelage, tu t’étends en courbe bondies. Balance les mots. J’suis pas rêveuse. Quand je rêve c’est d’herbe et d’arbre. Si je ferme les paupières, si je me glisse sous les draps et sombre, je vole. A coup d’ailes, je traverse le monde et je m’enivre d’avoir cette liberté gagnée sur la gravité elle-même. Mais non, le reste c’est pas du rêve. C’est pas de la volonté. Surtout pas du courage. C’est écrit là, dans le parchemin de mes veines. Tu comprends ? Tu le sens ? C’est là, qui suinte de ma lymphe. C’est dans mon principe actif. Si j’arrête… Si j’arrête je me crève. Je suis de la volte, je suis en envol. J’ai de l’ADN de Marchombre, j’me suis éduquée aux danseurs de vif. Tu crois quoi, que ça m’amuse ? Mais j’ai essayé, tu crois quoi. Deux années de normé, à révolter dans le cadre, en sage. A « être Charlie », peser le ton. Ecrire en rimes. C’est pas moi qui ais dit non, c’est le corps. Le corps qui m’a jetée sur les lambeaux de plancher et là, va-y, regarde-là ta nature. Elle feule, elle te lynche, t’explose la poitrine et lacère à te remplir la gorge de tes propres viscères. Dégueule, dégueule… Gueule. Regarde ton futur depuis ta tombe. L’hôpital, la nuit. Tes formes en rien du tout, en os blanchi. Et puis plus rien. Ta disparition sous couvert d’avoir voulu marcher au rythme. Non, eh ! J’veux vivre. J’vais vivre. C’est ça qu’il faut capter, gratter sous la croûte. Tu l’entends ? Tu l’entends mon souffle qui taquine les étoiles ? Non, j’suis pas rêveuse. Je sais. Que le mouvement qui m’obsède est tout juste gestant et que s’il devait s’accoucher, j’en verrais tout juste l’élan. Je sais pas ce que c’est le courage. Je veux bien croire que ça existe. Mais c’est du rien en moi. Moi j’avance parce que j’ai peur. C’est là, gelé dans mon ventre. Si j’accepte, si je laisse aller, si… Hoquet. Je veux pas disparaître. Je bondis en vital. Rien d’autre.
Y a pas de courage dans l’instinct de survie. C’est là que tu te plantes. C’est là que tes arguments ricochent en porte à faux, ne peuvent atteindre. C’est de l’irraisonné. Du non-choix. Même pas du désir. Même pas un début de réfléchis. Essayes-pas. On raisonne pas une bête acculée. On fait pas entendre raison à ceux qui ont l’envolée en résonnance. Dégage le passage, je passerais de toute façon. A me râcler jusqu’au organes. J’deviendrais pas automate.
J’irais danser dans la zone du Dehors et en volée, je martèlerais, rien de plus, que mon essence. -----
Ça monte en bulle d’eau trop chaude. Pop pop pop dans le thorax. D’un coup ça grince au niveau de mes dents et dans ma poitrine je sens que ça bat fort. J’en ai marre. Assez. Stop. Je rêve de jeter les gens par la fenêtre et leur hypocrisie avec eux. Moi jle sais, j’ai conscience que je suis de l’imperfection à la pelle. Je me dis que c’est ça être humaine, quoi que je fasse, ça va merder quelque part. Mais les autres… Des fois je me demande si ils savent. Nos fêlures, nos incapacités, nos inconsciences, nos vacillements qui font de nous des êtres bien souvent décevants. Décevants et profondément touchants. Alors quoi ? Oui on est pareil toi et moi. Mais ce que je te demande c’est m’accorder le même pardon que celui que je t’ai donné un million de fois. Au lieu de ton putain de silence. Si je t’avais en face de moi j’aurais envie de te frapper de rage d’amour. Parce que oui je t’aime toi. Et toi aussi. Et l’autre là. Je vous aime tous autant que vous êtes bordel avec vos caractères de merdes, vos sautes d’humeurs et vos parcours à la montagne russe. J’irais mille fois vous pardonner, mille fois vous revenir si j’effleure de la sincérité. Votre incapacité à faire de même me donne envie de faire de mon monde un punching ball géant. -----
Ce matin c’est revenu. Comme un boomerang envoyé tellement loin qu’on avait fini par oublier qu’il fallait le rattraper. Et qui a déchiré la gueule. Toute la journée j’ai eu le nœud au ventre, ce putain de bon vieux nœud. Et cette gorge nouée, et cette crispation des muscles. J’ai rien dit, je pouvais pas. Jusqu’au soir. Quand j’ai parlé d’aller dormir et que ça s’est cassé en moi en mille morceaux.
Je veux pas dormir, je veux plus. Je veux plus vivre ça. C’était parti putain, c’était plus là. Je veux pas. Je ferai n’importe quoi mais s’il vous plait, plus jamais… J’ai laissé venir toute l’horreur en moi. Toute la peur. Et là j’ai entendu «ça va aller, tu es courageuse, je sais que tu vas y arriver ». Les sanglots sont venus accompagnés des larmes. Mais c’est ça, t’as pas compris ? C’est ça que je veux pas. Etre courageuse.
Parce que je le sais. Je le sais que cette nuit je vais finir par dormir et que demain, tant bien que mal, je vais me lever. Et que si ça doit recommencer pendant des mois, je vais tous les jours me ramasser à la petite cuillère, faire tenir le tout comme je peux pour que ça vacille pas trop et sourire quand même. J’en doute pas une seule putain de seconde.
Mais j’veux plus être courageuse. J’veux plus avoir à l’être. J’en ais la nausée. Parce que tu le vois mon corps ? Mon corps plein de fierté et de courage ? Ouais celui-là, avec sa longue chevelure rousse, ses beaux yeux gris et sa silhouette élancée. Bah ce corps, j’ai eu envie de le jeter toute la journée. J’aurai aimé pouvoir lui cracher son existence à la gueule. J’aurai aimé être n’importe qui d’autre mais pas moi. Ce moi malade, affaiblit qui n’a pas d’autre choix que d’être courageux. Pfeuf, c’est quoi le courage quand on écoute juste son instinct de survie ? Quand on défend sa peau face une hydre assoiffée que nous n’avons jamais eu l’occasion d’aller occire ? C’est du rien, de la chimère, une non existence.
Oui. C’est revenu ce matin. Et ce soir je pleure d’avoir à avancer vers ma terreur. Parce que je ne suis pas si courageuse que ça. Alors ne me le dit plus, s’il te plait. Plus jamais… Serre moi juste très fort pour me donner un peu de toi dans mon voyage. ----- Baisers tendresses. Baisers passion. Baisers lune et soleils. Baisers en souffle essoufflé ou baisers picorés. Baisers qui gonflent la poitrine, transmettent de l'air en gaz hilarant et laisse euphorique, saoule de lèvres. Baisers cosmos, qui emmènent partout mais sûrement pas ici, en voyage de planètes en planètes, surtout celles qui n'existent pas encore. Baisers du corps entier, qui part de la bouche mais se fait avec tout l'être, les bras qui agrippent, les jambes qui enlacent et toute la peau qui s'ouvre, aspire celle de l'autre, la dévore. Les pores de la chaires en milliers de lèvres. Baisers à l'infini, encore, encore, toujours et là, dans l'étreinte, baisers qui chantent à l'unisson, inventent un nouveau langage d'amour que les mots ne sauraient effleurer. Ne t'en fais pas je reste. De toute façon, ailleurs n'existe plus. Ailleurs c'est aussi toi. L'espace est devenu ton corps et tout les lieux du monde y enflent et tanguent. On ne quitte pas l'univers, on le parcours. Et quand c'est à ma façon, c'est en démarche d'exploratrice conquise. Non, je ne vais nul part, mais je ne reste pas, je m'en vais te voyager. Sourire, comme un gosse, comme un amour d'adolescent. Et à nouveau les lèvres, les lèvres et les draps dans lesquels ont construit nos voiles pour s'en aller voguer sur la mer de nos courbes -----
I feel like there is something ecstasic in melancholia. The way you feel like everything hurts and everything stops being important at the same time. And it's all over inside and outside. And the pain becomes stars and universe. And you're on the floor of you're bedroom, laying, some sad music surrounding you. And you're full and empty. Nothing and everything. You feel the infinity of time but it's also like the night will be the end, there will be no tomorrow. No end to the song you're listening to over and over.
And you know, at some point, that you will keep being that baby surprised of suddently being out of his mother's uterus. Crying. Crying because breathing hurts so much. And crying because it's so huge and beautiful. I was born 2 minutes ago. I will be born in 3 minutes. And again in 5. And it will be terrible. And it will be amazing.
You're schrödinger's cat. Both dead and alive. And you feel like dancing naked, slowly, just feeling it. Melancholia is sensual. And you could make love like nothing else matters. It could hurt. Or not. There is no bad and wrong anymore. No good and right either.
Melancholia as a drug. A passion. As «I'm not sorry anymore».
As I don't regret anything.
La Hobbit masquée




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