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Pensées en vrac de mauvais jours #3

  • Photo du rédacteur: lahobbitmasquee
    lahobbitmasquee
  • 20 févr. 2019
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr. 2019

Ou le poids de tes cauchemars sur ta gorge.

(Publié pour la première fois en Avril 2016)

D'abord il faut cisailler à coup d'ongles le lien flou entre éveil et sommeil. A force de ruer, tu parviens à entrouvrir les yeux sans rien reconnaître de ce qui t'entoure. Les effluves de la nuit sont encore là, qui t'encrassent les poumons jusqu'aux neurones. Si tu fermes les yeux, tu replonges. Mais tu es tellement épuisée que tu n'as que cette envie. Alors tu restes là, entre deux, hébétée et à semi morte. Si tu as de la chance, tu n'as qu'un simple sentiment de mal être dans tout ton être. Mais le plus souvent, ça coule dans tes veines comme de l'acide et tu ne bouges pas parce que si tu bouges tu t'arracheras la peau à coup de dents pour que ça cesse. Souvent il passe 20, 30 minutes... Une heure avant que tu puisses ouvrir les yeux et t'accrocher à un début de réalité. Il faut te concentrer sur ton souffle, le calme laborieusement. Tenter de saisir quelque chose qui t'encrera dans le présent : l'odeur du poil tiède de ton chat ou la chaleur de ta couette. Même comme ça, c'est long.

Au bout d'une éternité hantée, tu as la force d'attraper ton portable pour mettre un peu de musique. Elle va t'enrober et soigner un peu tes plaies, sans pour autant te permettre de songer à quoi que ce soit d'autre que ce qu'il vient de se passer. Tu ne cris pas, tu ne pleures pas non plus. C'est douloureux au point de t'ôter tes mots. Finalement, 15 minutes plus tard, tu parviendras à mettre une relaxation. Les yeux clos tu vas chasser le venin de tes veines petit à petit, patiemment, méthodiquement, avec ton savoir faire gagné jour après jour, jusqu'à ce que les pensés rationnelles, celle du jour, remplacent celles de la nuit. Jusqu'à ce que, en rouvrant les yeux, tu te sentes capable de mettre un pied devant l'autre.

Si jamais on te demande, tu ne diras rien ou presque. Ce serait donner des mots à ton vécu, lui redonner une place quand tu viens de passer tant de temps à le chasser. Ce serait faire peser sur toi l'ombre de la nuit prochaine. Celle où tu fermeras les yeux uniquement grâce aux médicaments dans ton sang, la relaxation, et la musique dans tes oreilles... Et ça recommencera une fois que tu auras tout juste assez d'énergie pour l'endurer.

Tu ne parviens plus à voir au delà de la nuit qui vient, celle qui décidera si demain tu sera capable de te lever ou non.

_____

J'suis de mauvaise humeur. Ça fait comme du feu dans mes veines, comme une envie de ravager mon monde pour lui cracher à la gueule. J'ai envie de lui dire d'aller se faire foutre, de lui exploser sa sale face grise de mes poings laminés. J'veux qu'il souffre, qu'il se dilate, qu'il se déchire pour dégueuler tout ce qu'il a. Ces stupidité, ces douleurs, ces idioties. Ah arrête de faire ce que tu veux. Vas y, viens, viens que je t'apprenne à faire un peu plus ce que je veux. Viens que je t'arrache les tripes comme tu ravages les miennes. Viens que je plonge mes dents dans ta chaire pour la ravager. Viens que je te fasse imploser pour enfin respirer.

Parce que ça y est, j'en suis presque à me frapper la tête contre le mur. C'est quoi ton problème ? Dis moi ? Tu me veux quoi ? Pas une seconde sans que je ne tente de m'adapter à toi, de te coller, de me fondre. Rend moi la pareille. Rend moi ce que tu me dois salop. Rends le moi ou laisse moi partir.

Sur le lit je tourne et roule. Je me tords. Et toi tu gagnes. Encore.

_____

Mon cerveau pense. C'est le rôle d'un cerveau me direz vous. Mais non, moi mon cerveau pense tout le temps. Il analyse, il structure, il questionne, il remet en cause, réfute, revient sur une pensée, la retravaille, la perfectionne, la jette, en prend une autre. C'est comme ça tout le temps. Je ne sais pas faire autrement que penser. C'est assez problématique. Cesser de penser réglerait très certainement une bonne partie de mes problèmes. Je n'aurais plus peur. Je n'aurais plus de cauchemars. Plus d'insomnies. Plus de nœuds d'estomac. Je pourrai me contenter d'être sans demander sans cesser pourquoi je suis.

Je ne compte pas le nombre de personnes me l'ayant conseiller. Dans le langage commun on parle de « cesser de se prendre la tête ». Une expression qui n'a rien compris. C'est sous entendre que j'y peux quelque chose. Que je choisis de songer et que je possède un bouton marche et un bouton arrêt. Soyons honnête, je possède un bouton marche. C'est quand je travaille trop et que mon cerveau se met à frétiller. Dans ces moments là, il m'empêche de dormir, tout émoustillé qu'il est par telle ou telle idées. Mais le bouton d'arrêt ça... Non.

Je pense en écrivant, je pense en marchant, en mangeant, en parlant, en dormant. J'ai la pensée volage et multitâche. Je peux simplement réguler. Il faut que je m'occupe, pour ne pas trop penser. Mais il ne faut pas que je m'occupe trop, sinon l'effet sera inverse. Il faut aussi que je m'occupe juste assez pour avoir quand même le temps de penser dans la journée.

Rien de plus merveilleux pour ça que les transports. Ce lieu fait pour laisser l'esprit s'envoler, regarder les autres ou se regarder lui même. Et je l'avoue, j'aime me perdre au fil de mes pensées. Elles me surprennent souvent, me construisent et me grandissent. Sans elles, je ne suis rien. Ou en tout cas je ne suis pas moi. Donc oui, je pense. Beaucoup trop mais le moins possible. Et si ça peut changer... Non. Je fais avec comme on fait avec le reste de nous même. Aussi lourd soit le prix à payer.

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Si vous souhaitez mieux comprendre le trouble anxieux, la photographe Katie Joy Crawford a imaginé une très belle série sur le sujet. Je vous la laisse, c'est juste ici. La Hobbit Masquée

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