Portrait n°5 : Maximilien
- lahobbitmasquee

- 17 juin 2019
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Parmi les falaises rappeuses, la douceur tendre.

Cinq. Maximilien. La peau de Maximilien est sillonnée par le temps. Ses rides sont les tatouages de son existence, des lignes qui, si ont sait les lire, racontent chacun de ses pas en ce monde. Il y a là à décrypter un conte tendre comme celui de son regard.
Maximilien n’a pas beaucoup vécu parmi les hommes. Il s’est épris des hauts plateaux montagneux et de leurs pâturages. Un monde rude et solitaire. Sa maison, nichée dans le fond d’une haute vallée, n’a jamais connu l’électricité et se trouve à une demie journée de marche du premier village.
Il a vécu là toute sa vie, avec son petit troupeau de chèvres et de moutons. L’hiver à la lampe à huile, à lire de vieux livres achetés pour une bouchée de pain sur le grand marché qui a lieu une fois l’an, à la fin de l’été. Le printemps à marcher dans l’air frais, le vent qui danse avec les nuages et les plaines qui se parent de vert tendre. L’été à l’ombre des arbres ou des rochers, à sculpter dans un morceau de bois des formes douces et des souvenirs. Et l’automne, où tout s’enflamme et où chaque soirée se goûte du bout de la langue, pour ne surtout pas oublier durant le froid.
Sur la peau de Maximilien, il y a le souffle du vent. Sur ses mains les calques et la corne d’une vie d’extérieur. Dans son regard, l’humanité qu’il a pu préserver en s’éloignant du monde. A son âge, il a au fond des yeux la bonté enfantine et l’émerveillement pour les rayons du soleil sur la rosée du matin.
Je l’ai vu pleurer Maximilien. Quand il a découvert que son pays punissait d’aider ceux qui désiraient vivre. Lui il aurait tout partagé. Lui qui n’a vécu que de lait et de soleil. Il ne comprend pas. Il en est incapable. Merveilleusement incapable.
A l’aide-soignante qui lui apporte un thé à la maison de retraite, il offre toujours un sourire de tendresse et il lui glisse une phrase, un mot qui va au cœur et le gonfle d’oxygène. Dans le grand salon aux meubles modernes et au fenêtres qui donnent sur d’autres murs Maximilien n’est pas prisonnier.
Il repense au vent, au vert, aux rochers, aux ruisseaux, aux chèvres et à la maison dans le creux de la vallée. Il serre ce bonheur dans sa poitrine, l’offre à qui prête oreille. Et parfois, il sort quelques pinceaux pour peindre ces paysages grandioses que le temps n’a su qu’esquisser sur sa chaire.
La Hobbit Masquée




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