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Portrait n°1 : Joël alias Caracole

  • Photo du rédacteur: lahobbitmasquee
    lahobbitmasquee
  • 18 mars 2019
  • 2 min de lecture

Celui qui vit du vent dans sa trachée et des sons du monde.


Dessin par Solène Zozime

Un. Joël alias Caracole. Il y a des années, après avoir vainement tenté d’obtenir un master en histoire de l’art et de se conformer au métro-boulot-dodo, Joël en a eu marre. Il a transformé ses manuels en avions qui, un poil trop lourds, sont tombés sec tête la première par la fenêtre. C’était un premier envol chuté.

Joël s’est improvisé saltimbanque moderne et faiseur de sourires. Comme madame la cigale il va de porte en porte et n’a pas de graines en réserves. Peu importe. Il a de la joie plein les poches. Malicieux arpenteur de rue, il se balade dans son costume en jouant la comédie. Il lance des phrases rougissantes, moqueuses, dérangeantes. Il fait le pitre avec des ballons trouvés là, ou improvise une ballade burlesque accompagné de sa cithare. Parfois il prend trente minutes de sérieux et déclame un peu de philosophie pour tenter de recoudre ensemble les hommes et l’être humain.

Il a demandé à faire reconnaître son métier au près de l’état, arguant que celui-ci est « d’utilité publique ». Peine perdue, la société lui a ri au nez. Il lui a fait une pirouette et est parti avec le sien. Elle le cherche encore.

Maître en puissance de l’absurde et des métamorphoses, Caracole danse la nuit sur les toits des immeubles et lance des déclarations d’amour à la seule femme qui ait su lui ravir son cœur : dame lune et sa ribambelle d’enfants lanternes. Il aime à s’asseoir entre ses bras pour lire quelques vivants comme lui : Damasio, par exemple, à qui il a piqué son nom de scène. A moins que ce ne soit l’auteur qui se soit inspiré de lui. Quand sa tendre se cache dans ses draps gris, il rejoint les quais et se lie à quelques âmes semblables. Ils chantent jusqu’au matin et rient d’existence pure.

Certains voient en lui un fou qui finira ivrogne de dessous de ponts. D'autres s’amusent de ses verbes mais ne sauraient l’envier. Quelque uns affirment qu’il sauve des vies et peut-être le monde.

Ceux-là sont assurés de ne jamais terminer coquilles vides.



La Hobbit Masquée

 
 
 

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